Ikigami

Publié le par Mina



L'histoire se déroule dans un futur très proche dans lequel une "loi pour la sauvegarde de la prospérité nationale" énonce qu'à son entrée à l'école primaire, chacun doit se faire vacciner contre diverses maladies. Mais en plus du vaccin, 1 seringue sur 1000 contient également des nano-machines qui causeront inévitablement la mort de celui à qui elles ont été injectées lorsqu'il aura entre 18 et 24 ans. En compensation, la famille recevra une pension.
Personne ne sait s'il fait ou non partie de ce 0,1% qui devra mourir pour le bien commun. En effet, ce système a été prévu dans l'intérêt de la société car cette peur de la mort est censée faire prendre conscience aux citoyens de la valeur de la vie et ainsi augmenter leur productivité (au moins jusqu'au délai fatidique, en tout cas).
Dans ce cadre, une nouvelle profession : livreur. Ces livreurs sont chargés de distribuer des préavis de mort aux futures victimes exactement 24 heures avant leur décès suite à l'injection. Ces préavis portent le nom d'ikigami.


Site officiel



"Ce que Mase (l'auteur) décortique dans Ikigami, ce sont les rouages d'un système à la fois choquant de cruauté et terrifiant de banalité.
Ainsi, le réalisme absolu de l'oeuvre contraste avec la violence presque grotesque de son concept de départ ; mais sans l'extrémisme de la "loi de prospérité nationale", nous ne remarquerions même pas les ficelles employées par le gouvernement de ce pays fictif pour faire accepter le pire, tant elles sont similaires à celles utilisées par nos propres gouvernants. Cette société docile, c'est la nôtre ; cette administration anonyme, c'est la nôtre ; mais par l'application de quelques méthodes bien rôdées, elles ont rendu possible l'inimaginable. Plutôt que de nous offrir une énième dictature fantasmée, Mase choisit de nous montrer comme il est facile pour une société moderne de glisser hors des limites de l'éthique sociale.
Tout d'abord, il pointe du doigt le peu d'intérêt de la population pour ce qui se passe autour d'elle. Un jeune sur mille, c'est énorme, c'est un véritable massacre à l'échelle nationale, mais comme le dit la mère de Kamoi au début de "Aux confins de la vengeance", du point de vue de la population, "ça n'arrive pour ainsi dire jamais." "

Extrait de la Postface

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